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Alors que les vagues de chaleur se multiplient et deviennent de plus en plus intenses, le logement est en première ligne. Une proposition de loi transpartisane s’attaque enfin à un phénomène longtemps ignoré : les « bouilloires thermiques », ces logements invivables en été.
D’après la Fondation pour le logement, plus de 40 % des Français ont en effet souffert de la chaleur dans leur logement l’été dernier. Ces situations ne sont pas uniquement inconfortables. Elles peuvent aussi devenir dangereuses, notamment pour les personnes âgées ou fragiles. La future loi propose donc de reconnaître cette problématique comme une forme de précarité énergétique à part entière, au même titre que le froid.
L’objectif est clair : mieux identifier ces logements surchauffés et les sortir progressivement du parc locatif. À partir de 2030, les pires cas pourraient ainsi être déclarés indécents et donc interdits à la location.
Pour prévenir plutôt que guérir, le texte prévoit que les annonces immobilières devront afficher systématiquement la performance du logement en matière de confort d’été. Le critère, aujourd’hui peu lisible dans le DPE, serait ainsi affiné et rendu obligatoire à la vente comme à la location. D’autres mesures, complémentaires, visent à faciliter l’installation de protections solaires. En copropriété, le système de vote serait assoupli. Pour les bâtiments classés, les Architectes des Bâtiments de France ne pourraient plus opposer un refus formel.
La proposition de loi va plus loin en réclamant un service minimum d’électricité toute l’année, même en cas d’impayés. L’idée est alors de permettre à chacun d’utiliser un ventilateur, un brasseur d’air ou un dispositif de refroidissement, même durant l’été.
Le coût de cette politique de rénovation et d’équipement est estimé à 48 milliards d’euros d’ici à 2040. Mais pour les auteurs de la loi, il s’agit d’un investissement indispensable face à un risque climatique désormais permanent.